Comme un qui s'est perdu dans la forêt profonde
Loin de chemin, d'orée, et d'adresse, et de gens:
Comme un qui en la mer grosse d'horribles vents,
Se voit presque engloutir des grandes vagues de l'onde
Comme un qui erre aux champs, lorsque la nuit au monde
Ravit toute clarté, j'avais perdu longtemps
Voie, et route et lumière, et presque avec le sens,
Perdu longtemps l'objet, où plus mon heur se fonde.
Mais quand on voit, ayant ces maux fini leur tour
Aux bois, en mer, aux champs, le bout, le port, le jour,
Ce bien présent plus grand que son mal on vient croire
Moi donc qui ai tout tel en votre absence été
J'oublie en revoyant votre heureuse clarté
Forêt, tourmente, et nuit, longue, orageuse, et noire